# Angélique Villeneuve

Publié le : 21/03/2018 16:49:25
instant blog , must read

# Angélique Villeneuve

Ce n’est pas de la science fiction, ça se passe ici et maintenant.

l'instant blog par Valérie Journois

Angélique Villeneuve dans son dernier opus, Maria, nos ouvre les portes d’un monde où les êtres décident eux-mêmes de leur genre, masculin/féminin, quel que soit le sexe avec lequel ils sont nés. Marcus, 3 ans, rebaptisé Pomme, a les cheveux longs et porte alternativement robe et pantalon, joue tantôt avec des jouets « de fille » ou « de garçon ». Et lorsqu’un bébé nait, qu’ils prénomment Noun, ses parents refusent d’en révéler le sexe. Indifférents à l’incompréhension générale, à la moquerie, aux attaques, ils ont décidé que l’enfant choisirait lui-même, naturellement, d’être une fille ou un garçon.

C’est clair, cela (nous) dérange. Etre parent impose de faire des choix pour ses enfants, avant qu’ils ne soient eux-mêmes capables de les faire. Mais ce choix là, normalement, n’en est pas un. Alors comment accepter la démarche de ces parents ? C’est ce que tente de faire Maria, la grand-mère des enfants, belle âme dévouée, vouant un amour absolu à son petit fils. Modeste, discrète, elle vit pour les moments partagés avec Marcus, autour de leur passion commune pour les oiseaux, sans porter attention à celui qui partage sa vie et qui d’ailleurs la quittera, incapable d’accepter Marcus en robe. Maria est incrédule, choquée, seule, mais Maria aime d’un amour sans bornes et Maria ne veut pas juger. Elle lutte contre ses sentiments, s’isole, se perd mais essaie avec la force du désespoir de trouver sa place dans cette famille atypique.

L’auteure nous livre un roman fort, troublant,  touchant. La poésie de son écriture nous invite avec tact et sans jugement à nous poser, avec Maria, les questions fondamentales de la responsabilité parentale mais aussi de l’identité, de la différence et de la tolérance. A lire absolument.